Jour 148, 17/02/08
Le programme de nos derniers jours à Bamako est simple : se reposer -Nono se remet doucement mais il n’est pas encore au top- actualiser le site et s’enquérir de nos derniers souvenirs au marché de l’artisanat. On doit également renouveler notre visa, expiré le 16. Une impression étrange et paradoxale nous habite tous les trois. Le voyage touchant à sa fin, nous sommes désormais dans l’attente du retour, ce qui provoque en nous un sentiment mêlé d’impatience et d’appréhension. Six heures de vol vont nous faire « remonter » cinq mois d’une vie trépidante et guidée par l’imprévu, faite de découvertes, de rencontres, d’enseignements, de joies mais aussi de difficultés…
Dans la matinée, on se rend aux services de l’immigration, où l’on nous dit que le renouvellement du visa coûte 5000 FCFA. On décide de prendre le risque de ne pas le renouveller, sachant qu’on ne l’aura dépassé que de trois jours. On met au point un alibi bien bidon en prévision du passage à la frontière à l’aéroport : on vient d’arriver à Bamako, après être resté coincé plusieurs jours en brousse à cause d’une panne mécanique. On se dirige ensuite vers le marché de l’artisanat, à la boutique de Modibo, un artisan que Benam et Nono avaient rencontré lors de notre premier passage à Bamako. L’artisanat est concentré dans un quartier du centre ville. Partout des sculptures en bois, des masques, des objets de toutes sortes ornent les arcades et les passages autour des bâtiments du marché. Dans les rues, à même le sol ou assis sur des tabourets de fortunes, les artisans rabotent, liment, poncent, cisaillent, cirent les morceaux d’ébène ou de teck auxquels ils donnent la forme d’une femme, d’un animal ou d’un masque tribal. L’un d’entre eux, devant la boutique de Modibo, s’affaire sur une petite statuette aux formes encore brutes représentant une femme et son enfant. Je décide d’assister à la fin de l’ouvrage et d’acheter l’objet si l’on m’en demande un prix raisonnable. Les gars me quittent pour se rendre dans un autre quartier, on se rejoindra plus tard chez Ibrahim. Je passe une bonne heure à admirer le travail de l’artisan, au geste à la fois intuitif et précis, donnant vie à ce petit bout de bois avec une maîtrise impressionnante. Je négocie le prix de la statuette, que j’achète, puis je saute dans un taxi en direction de Djelibougou, le quartier où vivent Ibrahim et sa famille. Je me rends au cyber pour actualiser le site. Le soir, on se retrouve chez Ibrahim pour le dîner. On raconte nos dernières aventures.
Jour 149, 18/02/08
Les gars retournent à l’artisanat pour finir leurs achats, je passe une bonne partie de ma journée au cyber. Le soir on mange chez les Dibo, à qui on dit au revoir car on ne les reverra pas demain. Inutile de préciser que leur accueil a été formidable et nous a permis de découvrir une famille malienne de l’intérieur.









