Objectif Ouo atteint !!


Jour 140, 09/02/08

On prend la route de Bandiagara, située à une soixante kilomètres. Benam se sent déjà mieux. Le paysage se vallonne, se pare d’imposants rochers et de palmiers. Le sommet d’une belle côte nous offre un panorama impressionnant sur la brousse. On atteint Bandiagara, base des excursions vers la falaise du même nom, où se concentrent les fameux villages Dogons. On se pose pour manger un sandwich. Un vendeur de motos vient à notre rencontre et nous demande si nos engins sont à vendre. On lui répond que bien sûr, on les vend, mais qu’on doit d’abord réfléchir entre nous au prix de vente. Il nous propose de repasser dans quelques minutes, se disant prêt à acheter les trois d’un coup. Chiche… On décide de ne pas descendre au-dessous de 125 000 FCFA (environ 200€). Le type revient. Le marchandage commence. Il nous propose 100 000 par mob, et refuse d’augmenter. On dit tant pis, on a des acheteurs à 125 000 à Sévaré (ce qui est faux, bien sûr…). On repousse la vente à plus tard, on n’est pas pressés. On prend la route de Ouo, une piste plutôt large et de bonne facture. Le village se situe à quelques kilomètres au sud de la falaise et se trouve être, d’après nos informations, absent de tout circuit touristique, de par sa position excentrée. Plus que quarante kilomètres à parcourir avant d’atteindre notre but. Un vieux car est renversé sur le bord de la voie. Plus loin, on s’arrête pour prêter notre pompe à un motard crevé. On croise un Français immatriculé dans le 61 dans un Renault Trafic. On cherche un panneau indiquant Ouo, mais on ne trouve pas. On arrive à un carrefour, avec un barrage de police. L’un des agents nous indique une piste, qui nous mènera à Ouo, situé à deux kilomètres. La tension monte, nous ne sommes plus qu’à deux petites bornes de notre objectif, après plus de neuf mille kilomètres parcourus ! On aperçoit, en contrebas de la route, plusieurs bâtiments. On bifurque. La nuit commence à tomber. On entre dans le village, fait de bâtiments administratifs entourés de maisons en pierre traditionnelles. Ca y est, on y est, on l’a fait, atteindre notre but, l’issue de notre long parcours ! Le compteur affiche : 9299 kilomètres ! On a peine à y croire, comme si c’était trop facile pour être vrai. On a l’impression d’être un soir comme les autres, lorsqu’on atteint un village à la nuit tombante. Un homme, l’infirmier du village, nous accueille, on lui explique la raison de notre visite. Il nous présente Abdoulaye Dibo, pilier du village et cousin d’Ahamada Dibo, notre contact français dont la famille est originaire de Ouo. Il nous souhaite la bienvenue et nous propose de nous loger dans la salle de réunion de la mairie. On fait la connaissance d’Amadoune Dibo (encore un !), un jeune du village, qui gère le stock de médicaments. Des enfants, envoyés par Abdoulaye, nous amènent des spaghetti à la viande de moutons. On ne tarde pas à se coucher, fatigués par la piste. Nono, particulièrement crevé, se demande s’il n’est pas en train de couver quelque chose.

Distance parcourue : 105 km
Total : 9299 km, objectif atteint !

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