Nono malade, Benam et moi en ballade…

Jour 141, 10/02/08

Nono se réveille fiévreux, il a grelotté toute la nuit. Il prend sa température : 39.8° ! Malheureusement, l’infirmier est absent, il va falloir attendre qu’il revienne au village. Les enfants nous amènent du riz pour le petit déjeuner. Dans la matinée, on va faire la connaissance du maire, puis du sous-préfet du cercle (équivalent de nos départements) de Ouo. Il nous parle du village, divisé en plusieurs entités, dont Ouo-camp (la partie administrative où nous logeons), Ouo-Saré (le village traditionnel Dogon situé sur un plateau, à deux kilomètres), Ouo-Bombo (hameau situé entre Ouo-Camp et Ouo-Saré, où vivent entre autres Abdoulaye, Amadoune, le maire et leurs familles) et enfin Ouo-Guina (hameau de bergers Peuls situé à quelques kilomètres). Le sous-préfet nous confie être jaloux du succès touristique des autres villages du pays Dogon. Il regrette que Ouo ne soit pas plus visité par les étrangers. On lui glisse que finalement, ce n’est peut-être pas si mal… Dans la journée, on rencontre pas mal de gens, on joue avec des enfants du village, dont beaucoup nous tournent autour. On rencontre le directeur de l’école du village, où quelque deux cent enfants sont scolarisés. D’un commun accord, on décide de venir faire une intervention le lendemain, dans la classe des sixièmes années, pour leur parler de la France et éventuellement du voyage. Nono attend le retour de l’infirmier, car sa fièvre n’a pas l’air de baisser. Avec Benam, on part se balader vers Ouo-Bombo. On traverse des jardins maraîchers et un grand verger semé d’énormes manguiers. La verdure des lieux, ainsi que les parcelles, délimitées par des troncs plantés à la verticale, nous rappellent la Casamance. Auprès d’un puits, on croise une famille, dont la petite fille se met à pleurer en nous voyant, n’ayant probablement jamais vu de Blancs. On monte sur le plateau qui mène à Ouo-Saré, qui nous offre une vue imprenable sur les greniers de Ouo-Bombo et sur la mangueraie. On rentre à la mairie. L’infirmier arrive et ausculte Nono. Il procède d’abord à un test pour savoir s’il s’agit ou non du paludisme. La réponse est non. D’après les symptômes (toux sèche, forte fièvre), l’infirmier indique qu’il peut s’agir d’une fièvre typhoïde ou d’une pneumonie. Pas très réjouissant, tout ça… Il lui prescrit les mêmes médicaments que Benam et du paracétamol pour la fièvre. Plus tard, on va assister à la finale de la CAN chez l’infirmier, en compagnie de plusieurs autres personnes. On se couche tôt. Demain matin, on fait notre intervention à l’école et l’après-midi, nous irons visiter Ouo-Saré, guidés par Abdoulaye. Ma nuit sera courte, entrecoupée à plusieurs reprises par une méchante diarrhée…

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