Jour 138, 07/02/08
On sort de la ville, on arrive au bras du fleuve pour prendre la pirogue. Une fois les mobs chargées, on entame la traversée. Un homme tenant un cheval par un licol arrive et semble vouloir monter dans la pirogue. De la berge, le type saute dans l’embarcation, le pauvre cheval suit à la nage ! Vu le poids de la coquille de noix, un seul écart de la bête risquerait de tous nous envoyer à la flotte, les mobs avec… On parvient jusqu’à l’autre rive sans encombre. On rattrape la nationale. Les premiers greniers dogons font leur apparition, avec leurs fameux toit en chaume pointus. Par endroits, de gros blocs de roche rouge émergent de la brousse. On arrive à Sévaré, ville assez importante, disposant de nombreux hôtels. On décide de ne pas pousser jusqu’à Mopti, qu’on pourra visiter au retour, lorsque nous rentrerons à Bamako. On trouve un hôtel plutôt bien tenu et pas très cher. Benam décide de se rendre chez le médecin pour se faire prescrire un traitement. A son retour, il nous dit que le médecin lui a diagnostiqué une sorte de typhoïde, qui peut aussi être une salmonelle. Il a dû procéder à une prise de sang pour connaître la nature exacte de l’infection, dont les résultats seront disponibles demain. On commence à prospecter pour vendre nos mobs, ce qui nous brise le cœur mais qui, vu l’état de nos finances, nous sera d’un certain secours. On décide de prendre une journée de repos demain, j’en profiterais pour actualiser le site.
Distance parcourue : 125 km
Jour 139, 08/02/08
Comme prévu, je vais actualiser le site au cyber. Benam obtient ses résultats, il s’agit effectivement d’une typhoïde B, intoxication due à une salmonelle et facilement soignable avec des antibiotiques. Si ça va mieux demain, on prendra la route de Ouo demain matin. On rencontre Korka Guindo, guide Dogon qu’un de mes oncles nous a recommandé. Il nous propose une excursion sur deux jours pour découvrir quelques villages Dogon et la falaise. On se donne rendez-vous dans quelques jours, après notre passage à Ouo. Désormais, nous ne sommes plus qu’à une journée du point d’arrivée de notre voyage. Quelle étrange sensation de se sentir aussi près du but, après tant de journées passées sur la route, de paysages traversés et de personnes rencontrées, de découvertes effectuées et d’apprentissages reçus, y compris sur nous-même. Ces cinq mois auront été l’occasion pour nous d’ouvrir une fenêtre sur d’autres réalités, de saisir un peu de la diversité du Monde et des Hommes, d’envisager d’autres modes de pensée, d’autres codes sociaux, d’autres repères. Peut-être ne réalisons-nous pas encore l’influence de ce voyage sur nos vies futures, mais une chose est sûre : on est marqué au fer rouge.










2 Commentaires to “Etape convalescence à Sévaré”
19 février 2008
“on est marqué au fer rouge.” = C’est tout à fait ça… même dans 40 ans, vous reparlerez de ce voyage !
20 février 2008
Ahaha ouai ! Ca jpense que ya pas de doute à ce sujet. On va en entendre parler.
C’est marrant ca sent la fin dans ton discours valent’ et c’est assez émouvant, oui oui !
La photo du petit bonhomme avec le casque est trop drole.