Jour 136, 05/02/08
On prend la route relativement tôt. A la sortie de la ville, on croise un grand rassemblement, qui a tout l’air d’être une manifestation. Il s’agit en réalité d’une fête, organisée par une école de danse. Des danseurs en tenue traditionnelle avancent sur la route, emmenés par les sons de percussions. L’ambiance est surréaliste, surtout qu’il est 9h du matin ! On roule, on roule, on roule. On s’arrête manger dans un petit village, où notre arrivée fait sensation. Des dizaines de gamins nous encerclent, puis nous observent en silence, immobiles. On repart. Arrivés à un carrefour, on bifurque vers Djenné, située sur le fleuve Niger. On roule sur un terre-plein surplombant de grandes étendues inondées et cultivées. On croise un énorme limousine Cadillac, garée à l’ombre d’un arbre, probablement un routard excentrique… On arrive face à un des bras du fleuve, large d’une trentaine de mètres, qu’il faut traverser en bac ou en pirogue. On choisit la pirogue car pour monter dans le bac, il faudrait faire rouler les mobs dans l’eau sur plusieurs mètres. Aidés par le piroguier, on charge les trois mobs dans la coquille de noix, pas très rassurés… Finalement, l’embarcation s’avère plutôt stable. On atteint l’autre rive sans encombre. Après un ou deux kilomètres sur une route, on entre dans Djenné, dont le charme opère instantanément. La ville est bâtie sur un île du fleuve, et son architecture est presque exclusivement composée de banco, un matériau naturel fait de briques de terre séchée et de torchis. La cité se distingue également par sa mosquée monumentale, la plus grande du monde fabriquée en banco. On trouve un hôtel très sympa et pas cher indiqué dans le guide. Benam ne se sent pas bien. Nono et moi décidons d’aller nous balader. On fait le tour de la mosquée, on flâne dans les rues. On croise pas mal de touristes européens. Les gamins réclament d’être pris en photo en échange d’un cadeau. Plusieurs faux guides nous proposent leurs services. La ville dispose d’un cachet extraordinaire, et semble toute droit sortie d’un conte de fée, mais le tourisme et ses effets pervers font malheureusement partie du décor… On décide de rester deux nuit, afin d’en profiter quand même et de se reposer.
Distance parcourue : 145 km









