Jour 130, 30/01/08
La route se déroule dans la brousse, interminable et monotone. Rares sont les village que nous traversons. Nous croisons de nombreux cars, qui foncent sur l’asphalte à une allure folle. A un moment, l’un d’entre eux, venant de face, double un camion. Le chauffeur n’hésite pas à rouler sur le bas-côté à pleine vitesse, soulevant des tonnes de poussière, puis se rabat au dernier moment. Petite sueur froide… Après avoir franchi le fleuve Bani, on commence à entrer dans Koutiala. On cherche puis on trouve la Maison d’Alençon, structure d’accueil destinée à recevoir les visiteurs alençonnais. Nous sommes accueillis par Selif et Bramane, gardiens des lieux. Ils nous attendaient, informés de notre venue par la mairie d’Alençon. Rénovée en 2002, la Maison est un havre de calme et de verdure au cœur d’une ville remuante et poussiéreuse. Les chambres portent les noms des différents quartiers d’Alençon. Selif nous donne les clés de la Croix Mercier. La Maison dispose d’une cuisine équipée où l’on peut se faire à manger. Une fois installés, on se rend à la « Chaumière », auberge d’où est gérée la Maison d’Alençon, pour manger et boire un verre. Demain, balade dans la ville, un peu d’écriture et beaucoup de repos…
Distance parcourue : 155 km
Jours 131 à 134, du 31 au 03/02/08
Durant ce séjour, nous faisons la connaissance de Moussa Koné, vice-président du jumelage, qui vient nous rendre visite à la Maison d’Alençon. Il nous renseigne sur beaucoup d’aspects et de particularités de la ville. Située en plein cœur d’une grande région cotonnière, Koutiala jouit d’une relative prospérité par rapport au reste du pays. La ville dispose par ailleurs d’une pluviométrie supérieure à la moyenne nationale, qui facilite le maraîchage et les cultures fruitières. Ainsi, Koutiala figure au rang de troisième ville du Mali en nombre d’habitants.
Durant notre séjour, on passe pas mal de temps à se balader dans les allées du marché de la ville, où tout se vend et s’achète. Piments, pastèques, papayes, mangues, bananes, salades (énormes !), tomates, carottes, patates douces, choux, les fruits et légumes poussent en pagaille à Koutiala, et s’achètent pour trois fois rien. A même le sol, des femmes font frire des beignets, des patates douces et du poisson, prêts à être consommés. On trouve aussi de la quincaillerie, des vêtements, des objets fabriqués à la main comme des barbecues, des jouets, des meubles… On se laisse happer par ce vaste désordre organisé, grouillant et bruyant, poussiéreux et odorant, incroyablement vivant, où la rue africaine se dévoile dans toute sa splendeur et son authenticité.
Plus tard, on décide d’aller faire un tour du côté des artisans. On découvre le travail des femmes fabriquant le bogolan, ce tissu en coton, typique du Mali, aux formes colorées ou représentant des scènes de la vie quotidienne africaine. On traverse le quartier des forgerons, où les travailleurs martèlent le fer chauffé à la braise, souvent à l’aide d’outils dérisoires, mais selon des techniques bien rôdées. La chaleur nous accable, on se réfugie à la Maison d’Alençon. On se fait de la bonne bouffe, profitant de la cuisine équipée et de l’abondance des légumes locaux. Entre ballades, bidouillage des mobs, lessives main et écriture, on laisse le temps s’écouler doucement. On reprendra la route, en direction de San, le 4 au matin.









