Après les secousses de la piste, l’agitation bamakoise

Jour 122, 22/01/07

On prend la route de Bamako. Celle-ci, dans l’attente d’être goudronnée, est faite de terre et de cailloux compressés. Ca roule plutôt bien, mais la poussière est omniprésente, ce qui s’avère assez désagréable. Le goudron fait son apparition, enfin… On roule, des heures durant, sur une route neuve et peu fréquentée. L’urbanisation et le trafic s’intensifient peu à peu. On arrive à Kati, grosse bourgade animée en périphérie de Bamako. On entre dans la capitale, noyée sous un épais nuage de pollution. On redouble de prudence, la circulation étant particulièrement chaotique et mouvementée. On s’arrête pour tenter de joindre Ibrahim Dibo, notre hôte bamakois. Ibrahim est le frère d’un ami de longue date de Benjamin et de ses parents, Ahamada, professeur à Alençon. Ibrahim nous donne rendez-vous en centre-ville. On arrive, après quelques frayeurs et autres problèmes de carbu de Benam, devant le ministère de l’enseignement. Ibrahim ne tarde pas à nous rejoindre, au volant d’une BMW, et nous fait signe de le suivre. Après une chevauchée sauvage dans les rues de la ville, slalomant entre les voitures, les piétons et les deux-roues, on arrive devant une salle de sport. Accompagné de l’un de ses frères, Ibrahim sort de la voiture et vient nous saluer. Il nous indique la route à suivre pour se rendre à son domicile, car il doit se rendre à sa séance de sport quotidienne. Il nous rejoindra chez lui dans environ deux heures. On fonce vers Djelibougou, le quartier où se situe son domicile. Benjamin, qui était déjà venu il y a huit ans en compagnie de la famille Dibo d’Alençon, reconnaît les lieux et la maison d’Ibrahim. Nous sommes accueillis par Djénébou, sa femme et leurs enfants Chérif, 19 ans, Youba, 12 ans et Mami, 7 ans. Ibrahim ne tarde pas à rentrer de sa séance de sport. Djénébou nous sert le dîner, pantagruélique, fait de crudités, de bananes plantains et de patates frites, de brochettes de bœuf, de papayes, d’oranges, de… bref, un sacré bon dîner. Ibrahim nous emmène ensuite dans un de ses appartements, inoccupé, où nous allons loger. Celui-ci est situé de l’autre côté de la ville et du fleuve Niger, à une dizaine de kilomètres. Nous sommes assez loin du centre ville et de chez Ibrahim, mais les taxis, bon marché, nous permettrons de nous déplacer facilement. On fait la connaissance de Chaka, le gardien de l’immeuble. On se couche, terrassés par cette longue journée.

Distance parcourue : 197 km

Jour 123 à 127, du 23 au 27/01/2008

Notre séjour à Bamako est placé sous le signe du repos. Je passe une bonne partie de mon temps à actualiser le site. On effectue nos déplacements en taxi, dans des tacots plus cabossés et rafistolés les uns que les autres. Plusieurs fois, on va se balader dans le centre ville. Saleté, agitation, pollution et pauvreté sont légion mais paradoxalement compensés par une atmosphère décontractée, nonchalante et une amabilité exceptionnelle des habitants. On flâne entre les étals du marché des artisans. On s’adonne aux joies du marchandage afin de s’enquérir de quelques souvenirs. Au marché des féticheurs, on frissonne à la vue des peux de serpents, ossements, lézards séchés et autres têtes de singes qui trônent sur les présentoirs. Malheureusement, je prends peu de photos, la population n’ayant pas l’air très enclin à se laisser capter. On passe aussi pas mal de temps à chercher une pièce de carburateur, qu’on ne trouvera jamais… Le lendemain de notre arrivée, on va boire un verre au Savana, un bar sympa où joue un groupe de musiciens. Avec talent, ils enchaînent les reprises de musique malienne et de morceaux « occidentaux », dont « Message in a bottle » de Police (à l’africaine) et « No woman no cry » de Bob Marley. On goûte aux joies de la nuit Bamakoise, accompagné de Chérif, avec un passage au Byblos, l’ une des discothèques les plus branchées de la ville. Une fois dans la boite, on se croirait dans un night-club tout ce qu’il y a de plus occidental. Une bonne proportion d’Européens peuplent le comptoir. Sur la piste, des filles plus jolies les unes que les autres se trémoussent, ne laissant planer -pour la plupart- que peu de doute sur leur activité… On passe pas mal de temps à galérer pour dégoter nos billets d’avion, qu’on finit par aller acheter à l’agence Royal Air Maroc, le jour même de notre départ.

13 Commentaires to “Après les secousses de la piste, l'agitation bamakoise”

  1. bri_dom a dit...
    11 février 2008

    Bravo les p’tits gars sympas que nous avons rencontré à Dakhla et dans le désert. Un tel défi mérite des félicitations.
    Nous avons presque fini notre voyage de 13000 km dans le confort bourgeois de notre vieux chameau de camping car.
    Brigitte et Dominique

  2. Carmen Alt a dit...
    12 février 2008

    Hello Honeys!

    I just wanted to say “Hello”, i hope you’re fine and you’re still enjoying your journey! Where are you now?
    I wish you all the best for the few days which are left and come home healthy and happy!
    Best wishes also from Mela!

    Big hug and lots of kisses from Germany!

    Carmen

  3. Ivan le terrible a dit...
    13 février 2008

    Ah ca faisait longtemps que je n étais pas venu!
    Deja bonjour à tous, et spécialement à Maxou, notre webmaster adoré! (j en fais trop?pas grave!)
    Bon bah, nos 3 boys scout rentrent biento, ce qui signifie certainement l arret du site dans peu de temps! Je préfére ne pas y penser parce que ca me met dans des états pas possible!
    D’ailleurs, j ai eu une idée Maxou! Etant donné que ca se passe de mieux en mieux avec toi, tu pourrais, s il te plait Monsieur, relooké mon skyblog?

    Je sais que tu ne pourras pas refuser étant donné les liens tres forts qui nous unissent à présent.
    Dans l attente de ta réponse,

    Ivan, qui vous aime beaucoup beaucoup beaucoup

  4. Max a dit...
    13 février 2008

    Je te propose de venir les accueillir avec nous à leur retour, ta présence me paraît (in)dispensable :)

  5. Ivan le terrible a dit...
    13 février 2008

    Suis plus que partant pour etre de la partie, mais vous savez exactement quand ils rentrent? et si un rassemblement Place Foch aura lieu comme à leur départ? (perso, j étais caché derriere la voiture à Poney pour pas qu ils me voient)….sinon, on peut organiser une petite reception toute simple au Khédive, et finir au Tempo? Dites moi ce que vous en pensez, je peux peut etre gérer des places en terrasse au Khedive mais il faut me prévenir à l avance!

    PS: J ai hate, j ai hate j ai hate! je suis tout émoustillé!

  6. christine a dit...
    13 février 2008

    Oh oui une grosse teuf ? vous acceptez les vieux tontons et tatas ? Nous aussi on sera très tristes de ne plus vivre vos aventures via votre blog. Je me demande comment vous vivez cela la fin du voyage ? A la fois triste et heureux de revoir votre vieille France, vos amis et familles (dans le désordre !) je suppose.
    Encore bravo pour les photos, les reportages, on se régale deux fois plus en sachant que c’est bientôt la fin !
    Biz à tous
    P.S. Valentin si possible choisi bien l’acheteur de ta mob, qu’il la traite bien et qu’elle vive encore longtemps en Afrique !!!!!!!!!!!!!!!

  7. valentin a dit...
    14 février 2008

    Salut à tous

    Avant tout, un grand merci à Yvan pour son dévouement quant à l’organisation de notre soirée du retour, mais nous avions plutôt pensé à une soirée string bonbon au bar de la poste, avec les Musclés en Guest-stars et Charlie et Lulu à l’anim (désolé Hebus, nous préférons viser haut pour marquer le coup…) Pour tous ceux qui attendent ça avec impatience (moi compris) concernant une éventuelle soirée, nous devons d’abord en discuter tous les trois (certains sont encore frileux à ce sujet) après quoi, croyez-moi, vous en serez les premiers informés. En revanche, à notre retour, ceux qui souhaitent venir nous acclamer, célébrer notre courage et se prosterner devant la noblesse de notre épopée, nous hissant sur le parvis du mérite et de la gloire éternels, seront évidemment les bienvenus. Les bras chargés de cadeaux, bien évidemment… et de produits du terroir, cela va sans dire.

    Bref, passons, parlons peu mais parlons bien, beaucoup de choses depuis le dernier message posté. Après Bamako, Fana, nuit dans un hotel douteux, puis Segou, puis petit séjour jumelage à Koutiala, puis nuit à San dans un hotel de passe, interview à la radio locale, puis passage marquant à Djenné, Benam en prise avec une sorte de typhoïde (fièvre plus diarhée aigue) puis pause à Sévaré pour convalescence, puis arrivée à Ouo, pays Dogon, le point final, sans tambour ni trompette mais un peu de fierté quand même, celle d’être allés au bout, d’avoir tenu le coup. Le compteur affiche 9299 km. Nono choppe une pneumonie, cloué sur place pendant quatre jours avec 40 de fièvre (ça commence à baisser, mais notre boyscout préféré est fatigué), puis mêmes symptômes que Benam pour moi, ça va déjà mieux, on se soigne, puis retour à Bandiagara, Nono à l’ouest, tant pis pour la falaise, ça sera un prétexte pour revenir, vente des mobs de Nono et Benam cet aprem à Bandiagara (125 000 CFA), pour moi retour seul en mob à Sévaré, 60 km bizarres, je trouve un acheteur dès mon arrivée, pour le même prix (gros pincement au coeur qd il s’agit de lacher la brèle…) les gars me rejoignent en taxi brousse. On est à l’hotel, les mobs sont vendues, on se repose. Voilà voilà, on essaye d’actualiser le carnet dès que possible. On vous embrasse et on vous aime.

    Valentin, Arnaud et Benjamin

  8. les Bloblo a dit...
    14 février 2008

    Bonne fête mon Valent’ !

    Bon les copains il faut reprendre des forces pour revenir en pleine santé !

    A très vite.

    Bisous à vous trois.

  9. Maxime Estelle et Py a dit...
    14 février 2008

    Félicitations à tous les trois !
    Merci aussi de nous avoir fait partager cette aventure en direct du PC !
    A bientôt !

  10. Elise a dit...
    15 février 2008

    Salut !
    Eh oui, toutes les bonnes choses ont une fin ! Vos récits vont nous manquer cruellement ! Ca réchauffait Alençon les photos d’Afrique …
    J’ai suivi l’aventure depuis le début jusqu’à l’interview en direct sur France Inter.
    J’ai moi-même fait un petit voyage au Mali en octobre dernier et j’espère bien y retourner !
    Bravo à vous trois, c’était génial de pouvoir vous suivre de notre fraîche Normandie, vous avez su nous faire partager votre périple, merci !!
    Elise

  11. Héloïse a dit...
    18 février 2008

    Remettez-vous bien les gars car on vous veut en pleine forme pour les retrouvailles! Et puis que vous nous racontiez de vive voix vos aventures! A bientôt alors! moi je m’en vais au Portugal (c moins exotique), j’espère que je ne vous raterez pas!?
    Bisous

  12. marylène jean-pierre a dit...
    18 février 2008

    B.R.A.V.O.
    BRAVO,BRAVO,BRAVO
    Félicitations à tous les trois pour votre endurance, votre courage et votre percévérance, bravo encore.
    Nous serons heureux de vous accueuillir à Orly mercredi ,tous les trois en meilleure forme.
    Merci pour ces cinq mois de voyage par le biais de votre blogue, pour toutes ces belles photos
    nous vous embrassons à très très bientot.

  13. Edith et Jacques a dit...
    18 février 2008

    MERCI MERCI de nous avoir fait partager vos découvertes, de nous avoir permis de découvrir notre fils.

    Quelques proverbes nous viennent à l’esprit pour résumer ce que nous ressentons à l’issue de votre quête : “dans un voyage le plus long est de franchir le seuil” CE QUE VOUS AVEZ FAIT ! BRAVO ; “qui ose traverser les grands fleuves ne craint pas les petites rivières” LES DIFFICULTES VOUS ONT SANS DOUTE PERMIS DE RENFORCER ET TESTER VOTRE COMPLICITE ET DE DONNER DU SENS AU QUOTIDIEN.

    Nous allons vous récupérer mercredi riche de toutes ces expériences et espérons que nous n’allons pas trop vous envahir par toutes nos questions. Bisous à vous trois.

*

*