Passage au Mali, Kayes, Médine, Félou…

Jour 116, 16/01/08

On quitte l’hôtel. A la frontière, le policier nous réclame habilement un cadeau. On décline poliment, appuyant le fait qu’on a presque plus d’argent. On arrive à la frontière Malienne, où l’on nous délivre un visa d’un mois, pour 15 euros. On passe au Mali, avec une certaine euphorie, celle d’avoir atteint le dernier pays de notre trajet, ce qui a son importance. La route est large et très bonne, sûrement très récente. La brousse est jonchée de grands baobabs, sur des dizaines de kilomètres. On ramasse des pains de singe, le fruit de ce gros arbre africain, dont on machouille la chair sèche et acidulée. On atteint Kayes en début d’après- midi. Au premier abord, l’aspect de la ville ne nous dépayse pas vraiment du Sénégal. On trouve une sorte d’auberge de jeunesse indiquée dans le guide, mais la vétusté et la saleté des lieux nous fait tourner les talons. Apres avoir demandé conseil auprès d’habitants à la station essence, on décide de pousser jusqu’au fort de Médine, à 15 km, pourquoi pas jusqu’aux chutes de Félou à 18 km, où l’on pourra éventuellement passer la nuit. Pour rejoindre Bamako, nous avons deux solutions : continuer après les chutes en suivant la piste, au risque d’en baver et d’avoir des difficultés en cas de panne, ou revenir sur Kayes pour rattraper la nationale. On décide d’aviser après avoir rejoins les chutes. On quitte la ville, se retrouvant effectivement sur une piste particulièrement accidentée, dans un relief rocailleux. Le décor est fabuleux, fait de collines arides et minérales, de terre rouge ocre virant parfois au pourpre. Ca monte, ça descend, on évite les pierres et les trous. Les mobs tiennent le coup. On arrive au pied de ruines et de bâtiments coloniaux en cours de restauration. Il s’agit du fort de Médine, érigé au temps de la colonisation pour en faire une place commerciale d’envergure. Celui-ci surplombe le fleuve, dans un paysage enchanteur. Nous visitons le site, guidé par un jeune du village. Il nous dresse l’historique du fort, place forte du commerce lors de la colonisation, bénéficiant d’une situation stratégique liée au fleuve et à la voie ferrée qui reliait (et relie encore) Bamako à Dakar. Le jeune guide en formation nous propose ensuite de le retrouver aux chutes de Félou, à trois kilomètres, pour continuer la visite. On enfourche les mobs. La piste se faufile entre le fleuve et un massif rocheux, dans un paysage onirique. On atteint bientôt les chutes, curiosité géologique sans comparaison, qui s’étale sur des centaines de mètres. La roche, creusée pas l’eau, a donné à la pierre des formes incroyables, formant des sortes de grandes « marmites ». On laisse les mobs prés d’une station hydraulique. On se promène dans ce décor irréel, sautant de rochers en rochers. Pour passer la nuit, notre guide nous propose de planter la tente chez son ami qui tient une buvette au village d’à coté. On entre dans le village, « Lontou », la nuit est en train de tomber, on arrive chez son ami. Son bar est situé sur une grande parcelle contenant trois petites cases et fermé par un mur de torchis. Il nous autorise à planter la tente sur le terrain, en échange de consommations. Il nous propose aussi de nous faire à manger, ce qu’on accepte. On s’installe confortablement à la table, où nous discutons avec nos hôtes et un type du village, en sirotant une bière. D’après les infos qu’on obtient, la piste jusqu’à Bamako est très difficile, mais elle longe le fleuve dans des paysages magnifiques, paraît-il. On décide de tenter le coup, après tout, c’est l’aventure…

Distance parcourue : 114 km

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