Au bord de la piste, un petit coin de paradis…

Jour 117, 17/01/08

La nuit a été relativement bonne. Au réveil, Benam s’aperçoit qu’il lui manque quelques affaires, dont une lampe torche. A coup sûr, on s’est fait piquer des affaires au barrage. Rien de grave, mais ça nous rappelle à la vigilance. On reprend la route, après avoir remercié notre hôte. On se retrouve sur une piste de sable tassé, d’un mètre cinquante de large, se faufilant entre les broussailles. Ma chaîne, détendue, déraille toutes les cinq minutes, ce qui m’oblige à m’arrêter pour la remettre. Les buissons laissent fréquemment entrevoir le fleuve, qui s’écoule paisiblement à notre gauche. De temps en temps, on croise une moto ou un 4×4. Apres quarante kilomètres, qui en paraissent le double, on atteint un gros village, Diamou, où l’on s’arrête manger. Je trouve un réparateur, qui raccourci ma chaîne. On repart. On se retrouve sur une espèce d’ancienne route goudronnée, défoncée. De hautes collines rocheuses nous surplombent de parts et d’autres. Un panneau annonce les chutes de Gouina à droite, un autre site naturel dont on ne sait pas encore grand chose. On décide de bifurquer. La piste devient un chemin de cailloux, qui s’apparente plus à un GR de haute montagne qu’à une piste « officielle ». La terre et les cailloux sont pourpres, contrastant avec la couleur de la végétation, plutôt jaune pâle. La progression se fait bien, malgré les secousses et la fatigue, liée autant à l’attention portée à la route qu’à l’effort physique. On passe sur d’immense blocs de roches. La piste débouche alors sur la rive du fleuve, sous une végétation verte et dense. Les lieux sont déjà occupé par un campement. Derrière les buissons, on aperçoit des 4×4 et des tentes. On décide d’aller se présenter et de rencontrer les gens. Nous sommes accueillis par un jeune adulte et un adolescent, qui gardent le campement. Il s’agit de Christophe et Stéphane, respectivement psychologue et élève de l’Ecole Mobile, sorte de centre éducatif nomade, qui sillonne l’Afrique de l’Ouest pendant une année scolaire. Equipée de quatre 4×4 et de tout le matériel nécessaire, l’Ecole Mobile emmène chaque année depuis treize ans une douzaine d’adolescents issus de la DDASS, souvent en grande difficulté scolaire, afin de les faire évoluer dans un contexte autre, loin de leur quotidien. Nous choisissons de planter la tente à côté de leur campement, par sécurité. Le groupe, qui était parti se baigner près des chutes, arrive. Nous faisons la connaissance de Jean-Michel, directeur de l’école, de sa femme Françoise, éducatrice, de Fred, éducateur lui aussi et du groupe d’élèves. On sympathise avec tout ce petit monde, avant d’aller à notre tour se baigner dans les chutes. Le décor est tout simplement fabuleux. Les chutes font bien vingt-cinq mètres de haut et se jettent dans un panache impressionnant, avec un bruit tonitruant. On se baigne dans l’eau du fleuve, plongeant depuis un promontoire rocheux perché à six mètres de haut. On rentre au campement. Jean-Michel nous offre des boîtes de raviolis, des quenelles et de la terrine de cerf… qu’on dévore comme si on n’avait pas mangé depuis des semaines. On prévoit de rester deux nuits, afin de profiter comme il se doit de ce coin magique.

Distance parcourue : 64 km

3 Commentaires to “Au bord de la piste, un petit coin de paradis…”

  1. Héloïse a dit...
    6 février 2008

    Un ptit mot encore pr vous dire de profiter!!! ça sent la fin…

  2. Manu a dit...
    6 février 2008

    Bonjour à tous, merci de partager votre voyage, c’est un plaisir de vous lire à chaques étapes. Je suis le perible depuis votre entrée au Maroc, on se sent vraiment avec vous.

    Je prépare moi aussi un voyage en Afrique de l’ouest, mais en Van. Mon trajet n’est pas encore bien defini, mais, savez vous si les chutes Gouina sont accessible sans 4×4 ? mon camion est un peu surélevé mais n’a que deux roues motrices. Le trajet que vous avez emprunté est impraticable, ça semble certain d’apres vos photos, mais y a t’il une autre route qui y mène ? Et enfin quelles cartes avez vous pour vous orienter, IGN vend des carte du Mali au 1/2 000 000 eme mais est ce assez précis ?

    Je serais content de pouvoir discuter avec vous pour vous poser quelques questions, alors à votre retour faite moi un ptit signe.

    En attendant je vous souhaite de bien finir ce voyage et d’en faire encore beaucoup d’autres avec la même simplicité.

    Bonne route

  3. Manu a dit...
    6 février 2008

    Pour me répondre :
    emmanuel_favennec@hotmail.com

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