Petite panne au beau milieu de la brousse…

Jour 111, 11/01/08

Les gars se lèvent à l’aube, pour profiter du lever du jour. Je reste au lit. On se prépare a prendre la route en discutant avec des jeunes du village, qui rêvent de partir en France. Ils voient notre pays comme un Eldorado, où l’argent coule à flot. Avec soin, nous tentons de relativiser les idées fausses qu’ils ont de l’Europe. On remercie le chef du village en lui offrant du thé et du miel acheté sur l’île de Carabane. On prend la route. On décide de s’arrêter à Kolda pour passer une nuit à l’hôtel, régler les problèmes de mob et pour ma part aller faire vérifier mon ventre dans un dispensaire. Sur la route, on croise deux jeunes américaines qui se promènent en vélo. On s’arrête pour discuter. Elles sont en mission humanitaire pour deux ans à Kolda. Elles sont justes en promenade pour la journée. On atteint Kolda en fin de matinée. On trouve un hôtel plutôt classe avec piscine, où l’on parvient à négocier une chambre à bas prix. Je fonce en taxi jusqu’à l’Hopital régional. Je demande à voir un médecin. Je suis pris en charge pas un infirmier, qui écoute mon histoire et m’ausculte. Il me dit qu’il n’y a rien de grave, juste un transit qui peine à reprendre et une grosse fatigue. Il me prescrit tout ce qu’il faut pour me requinquer. Une fois de plus, le soulagement est énorme. Je rejoins les gars à l’hôtel. Ils n’ont pas réussi à régler le problème de Benam. Sa mob roule, mais on risque de se traîner encore, tant que ce n’est pas résolu. Je pars chercher mes médicaments, ce qui me donne l’occasion d’une belle ballade dans la ville. Les gens sont plutôt sympathiques et n’hésitent pas à dire bonjour, spontanément. On se baigne dans la piscine. Le soir, on regarde Canal+, la chambre dispose d’une télé avec le satellite. On ne crache pas sur cette petite parenthèse de modernité… On se couche tôt, pour ma part, je suis… laminé.

Distance parcourue : 48 km

Jour 112, 12/01/08

Enfin, une bonne vraie nuit réparatrice ! Le moral reprend du galon. On prend la route de Tambacounda. On traverse une multitude de petits villages, faits de cases traditionnelles. A notre passage, la plupart des gens nous saluent ou nous font des signes amicaux. Les enfants crient  « toubab, toubab » ou réclament un cadeau. La route est souvent mauvaise et criblée d’ornières énormes, qu’il nous faut éviter, au risque de tout casser. On est souvent obligés de prendre des pistes parallèles à la route. Dans un village, on se retrouve nez à nez avec… Aad Ham, le cycliste hollandais qu’on avait croisé au Maroc entre Tineghir et Ouarzazate !! Le monde est petit, on ne le dit jamais assez… La mob de Benam a de plus en plus de mal à avancer, on roule à 20km/h, puis 10km/h… On s’arrête, on tente de démonter pour trouver une solution. Deux jeunes en moto s’arrêtent à notre hauteur. L’un d’entre eux est mécanicien moto à Velingara, ville située à 30 km. Il prend les choses en main, et trouve le problème. Il s’agit d’une pièce située entre le carburateur et le cylindre, qui est cassée. Il nous propose de tracter Benam jusqu’à la ville. Abdoulaye, c’est son nom, nous invite à dormir chez lui et à son atelier, où il pourra réparer la mob. On accepte. On arrive chez lui à Velingara, après 40 km dans la brousse, durant lesquelles Benam se fait tracté par la petite moto chinoise. Abdoulaye nous emmène manger dans un resto, où l’on déguste du poisson grillé. On rentre se coucher, à trois dans sa petite chambre. Les gars dorment par terre, en tant que malade officiel, je dispose d’une place sur le lit d’Abdoulaye. Sur les poutres du plafond, les souris (ou les rats, on ne saura jamais…) se tirent la bourre. Dans les toilettes, c’est une armée de blattes grosses comme le pouce qui oeuvrent pour rendre le lieu accueillant… D’après Benam, il y en a sous le lit, également. Je m’épargne la vérification de cette information. Abdoulaye, quant à lui, nous abandonne dans son quatre étoiles pour aller enflammer le dancefloor en boîte de nuit. Il ne rentrera qu’à six heures du matin.

Distance parcourue : 139 km

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