Jour 99, 30/12/07
La nuit a été bonne. Mon ventre est encore fragile mais je sens qu’il y a du mieux. On plie les affaires, on passe prendre de l’essence, puis on sort de la ville en direction de Kafountine. On franchit le pont qui traverse le fleuve, avant de se retrouver sur une route sillonnant un « bolong », une étendue inondée et plantée de palétuviers, typique de la région. La route est en piteux état, pavée sur plusieurs kilomètres. Le bolong laisse bientôt place à la terre ferme, jonché d’une végétation dense et haute. Des palmiers, des fromagers et des baobabs poussent en pagaille, laissant souvent entrevoir de grandes clairières cultivées. Des troupeaux de chèvres et de vaches peuplent les lieux. De temps à autres, un bolong entaille ce décor vert et luxuriant. Les maisons, plutôt coquettes et ombrées de verdure, disposent souvent d’un terrain, cerné d’une clôture faite de troncs d’arbres, plantés à la verticale. Dans un village, ma roue arrière crève. Je dois réparer au milieu d’une foule de gamins qui affluent de toutes parts. Ils assistent religieusement à cette petite séance de mécanique. A Diouloulou, on s’arrête manger un délicieux (et pas cher) Tié bou dien (riz au poisson) dans un petit resto fait de bric et de broc. La cuisine se fait à l’ancienne, au charbon et à la marmite, derrière une cloison en tôle. A mesure qu’on s’approche de Kafountine, la route se fait plus étroite et se crible de nids de poule. Nous suivons le plan que Félix nous a fait pour atteindre la galerie Mélentane, un repaire d’artistes locaux, où on pourra nous indiquer son bout de terrain. On atteint le lieu, en passant par un sentier ensablé qui se faufile entre les maisons. Comme par miracle, Félix est présent à la galerie, en compagnie d’autres personnes, dont quelques occidentaux. Les retrouvailles sont chaleureuses… Il nous invite à le suivre jusqu’à Abéné, un village situé à sept kilomètres, dans la maison d’un ami, qu’il est en passe d’acheter. Il loge là-bas avec Carmen et Mela. Afin de rejoindre Abéné, nous empruntons un raccourci très efficace : la plage ! Après avoir sué comme des bêtes pour franchir le sable mou, nous sillonnons la plage jusqu’à Abéné, traversant des troupeaux de vaches lézardant au soleil. En arrivant, on fait une pause bière dans un bar, où la couleur locale ne tarde pas à s’afficher. Le vert-jaune-rouge, les dreadlocks et le djembé sont de rigueur. Des touristes européens sont présents, sûrement venus assister au festival de djembé, qui se tient actuellement. Félix nous guide ensuite jusqu’à la maison, situé sur un grand terrain planté d’arbres et de verdure, à cinq cent mètres de la plage. Celle-ci, très spartiate, est une sorte de grande case circulaire, recouverte de chaume et munie d’une terrasse. Nous sommes chez Siriac, un Sénégalais d’une trentaine d’année, ami de Félix, qui vit à Kafountine. On retrouve Mela et Carmen, tranquillement installée sur la banquette du combi, posée sur la terrasse de la maison. On plante la tente dans le jardin. Le soir, on part tous ensemble faire un tour au festival. Nous assistons à une sorte de scénette musicale, qui fait beaucoup rire le public, et que nous avons la chance de nous faire traduire par un jeune spectateur. Celle-ci laisse place au concert d’un groupe de percussion, puis à la prestation approximative d’un groupe de rap de Ziguinchor, qui « chantent » en playback et à côté du micro, s’il vous plaît ! L’assemblée semble apprécier, nous sommes écroulés, en méchants moqueurs…On ne tarde pas à rentrer, je ne suis toujours pas au top de ma forme. Pendant la nuit, je suis encore pris de douleurs au ventre. Il va falloir agir…
Distance parcourue : 132 km










1 Commentaire to “Direction Abéné, sur la côte casamançaise”
25 janvier 2008
Aaaaahhhhh ! Les revoilà !!! C’est qu’on s’ennuie ferme sans vos niouses… C’est pas les aventures de C.B et N.S qui nous mettent l’eau à la bouche
On veut du vrai, du simple, du proche du peuple et de la nature !
Dites-moi, je pensais avoir retrouvé votre trace au Burkina-Faso puis au Bénin et au Nigéria… Je me suis même demandé si vous alliez pousser jusqu’ai Cameroun… Non ?
Val, évites les boissons froides ! ! !