Rencontre fortuite sur la route du Sénégal

Jour 81, 12/12/07

Nous quittons l’auberge, puis prenons la route en milieu de matinée. La sortie de la ville est laborieuse, à cause de la circulation pour le moins anarchique et du mauvais état des rues. Pour ne rien gâcher, une pollution étouffante au gasoil nous encrasse les poumons. Les quartiers périphériques, au sud, nous assistons à quelques dures réalités : une misère et une pauvreté palpables, une pollution outrancière (tout le sud de la ville est une véritable décharge à ciel ouvert), des cadavres d’animaux qui jonchent le sol… C’est avec soulagement que nous retrouvons notre désert bien aimé. La chaleur se fait écrasante, mais on avance bien. On s’arrête manger à l’ombre d’un arbre, au bord de la route, après avoir double le cycliste japonais, qu’on avait déjà croisé à plusieurs reprises. Au fil de notre progression, le désert laisse place à un paysage pré sahélien, semé d’arbres et de touffes d’herbes. Le jour décline, on se met en quête d’un village où passer la nuit.

On s’arrête devant une petite épicerie, où l’on nous indique un poste de gendarmerie à cinq kilomètres. On pourra éventuellement y planter la tente pour la nuit. On arrive au barrage de gendarmerie, où l’on nous autorise à nous installer, à proximité du poste. Les enfants du village commencent à arriver, progressivement. Ils sont bientôt une vingtaine et ne nous lâchent pas d’une semelle. Les gendarmes seront obligés d’intervenir pour nous en débarrasser. On plante la tente en face du poste, à même le sable. Les gendarmes, sympas, viennent nous parler et nous posent des questions sur le voyage. Vers 20h, un vieux combi VW bordeaux à la décoration « artisanale » fait irruption au barrage, puis tourne dans notre direction. Il s’agit d’un groupe de trois jeunes Allemands en route vers la Casamance, au Sénégal. Félix, 27 ans, chef de l’équipe, est accompagné de deux amies ; Mela, 21 ans, et Carmen, 23 ans, qui profitent de ce voyage pour faire un « break ». Ils se rendent à Kafountine, station balnéaire où Félix a acheté un petit terrain il y a quelques années. On fait connaissance, en anglais, en se racontant nos expériences. Le soir, on fait un feu pour faire cuire du riz et des légumes dans leur plat à tajine. Félix a une guitare, ce qui me donne l’occasion de me dégourdir les doigts et les cordes vocales. On profite de tous les ingrédients d’une soirée d’été réussie sur la plage : le sable, le feu, la chaleur, la guitare… il ne manque plus que la mer.
Demain, au programme : passage au Sénégal, en empruntant la piste de Diama, qui longe le fleuve Sénégal sur cent kilomètres, afin d’éviter la frontière de Rosso, où paraît-il, la mafia règne…

Distance parcourue : 157 km

3 Commentaires to “Rencontre fortuite sur la route du Sénégal”

  1. les Bloblo a dit...
    3 janvier 2008

    “Demain, du ventre du temps, surgira une année nouvelle…” *

    C’est chose faite, alors une très BONNE ANNEE à vous les boys (et à tous leurs supporters…) !

    On vous embrasse comme on pense à vous.

    *Citation de l’écrivain sud africain Njabulo S. Ndebele

  2. Edith et Jacques a dit...
    3 janvier 2008

    C’est avec un petit retard mais avec une grande chaleur que nous souhaitons une bonne et heureuse année 2008 à tous les supporteurs de cap sur l’afrique, à toutes les personnes qui ont contribué à réaliser le rêve et améliorer le confort de nos 3 aventuriers. Bien sûr une intention particulière à nos 3 baroudeurs qui sauront sûrement profiter de cette merveilleuse aventure pour continuer leur chemin de vie. Très affectueusement.

  3. Yal a dit...
    3 janvier 2008

    Une bonne et heureuse année 2008 à vous les gars!!!

    Ici il fait -8000°c alors profitez-en bien rien que pour ça!

    Force et robustesse!

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