Jour 53, 14/11/07
On fait nos adieux à David, puis on sort de la ville, en direction de Marrakech. Nous voilà à nouveau lancés en plein désert. Sur le côté de la route, un grand bâtiment accueille des studios de cinéma. La région est connue pour avoir servi de décor à quelques grosses productions. Un panneau annonce Aït-Benhadou à 12 km. On bifurque sur la droite pour aller découvrir la fameuse kasbah. On suit une petite vallée dans laquelle se dressent quelques palmiers. On atteint une rue jalonnée d’hôtels et de restaurants. On se faufile dans des ruelles de terre battue pour trouver un point de vue sur le site. La ville est comme taillée dans la pierre, de couleur ocre. On mange un morceau, puis on repart sur la route de Marrakech.
Face à nous, le Haut Atlas dresse sa silhouette imposante. Un vent de côté, violent, rend notre progression difficile. On commence à monter dans des routes sinueuses, nous offrant des paysages splendides faits de collines sèches et de vallées vertes. L’ascension se poursuit dans les montagnes du Haut Atlas, on en prend plein les yeux. On se rapproche du col du Tizi N’Tichka. Peu à peu, l’air se purifie et la température baisse, cruellement. On a froid, mais les mobs font leur travail et montent sans trop d’encombres. On parvient au col, situé à 2260 mètres d’altitude, frigorifiés mais heureux. Des vendeurs proposent des collections impressionnantes de pierres, de minéraux et de fossiles de toutes sortes. On s’élance dans la descente, vertigineuse. En contrebas, on aperçoit les lacets de la route qui s’entremêlent dangereusement. Sensations fortes garanties ! J’attaque la descente en négociant mes virages comme dans un jeu vidéo, profitant de bons freins et de bonnes reprises. On descend pendant plusieurs kilomètres, avant d’atteindre un village, Taddert, à la nuit tombante.
Tandis qu’on cherche un hôtel, un habitant nous propose de dormir dans les locaux de l’association pour le développement local, dont il est membre, pour la modique somme de 30 Dh chacun. Le type, la quarantaine, a l’air simple et sympa. On le suit dans une sorte de grosse maison, encore en construction. On met les mobs au sous-sol, où trônent deux métiers à tisser et plusieurs machines à coudre. L’après-midi, la pièce sert d’atelier de formation pour les femmes. Le matin, elle est parfois utilisée par l’instituteur du village. D’après Idar, notre hôte, l’association est parrainée par plusieurs associations françaises d’aide au développement local. Des chantiers d’été ont déjà été organisés pour aider à la construction du bâtiment.
On s’installe dans un grand salon, dans lequel une personne est déjà couchée, un gendarme de passage. On pose nos affaires, puis on part se promener dans le village, en compagnie d’Idar. On rencontre une française, Yvette, la soixantaine, qui se promène au Maroc. Elle fait partie d’une association qui organise des voyages de « tourisme solidaire » en Afrique de l’Ouest. On se rend dans la boutique d’artisanat local d’Idar et de son frère Tayeb. On admire la variété et la beauté des pièces exposées : bijoux, tapis, vêtements, objets ménagers… Retour à l’auberge. On s’installe dans le salon. On écrit, tandis que le gendarme à moitié endormi et emmitouflé sous un tas de couvertures nous tape la causette. Nous voilà perché en plein Haut Atlas en compagnie d’un agent de la Gendarmerie Royale Marocaine ! Demain, objectif atteindre Marrakech.
Distance parcourue : 122 km









