Jour 52, 12/11/07
La nuit a été salvatrice. On prend un petit déj de rois, avant de reprendre la route. Le temps est radieux. On admire la magnifique palmeraie de Tineghir, la plus grande du Maroc. Nous voici à nouveau en plein désert, en direction de Ouarzazate. On passe par Boumalne Dadès, point de départ de la vallée du Dadès. On ne bifurque pas vers les gorges du même nom, par peur d’affronter des côtes trop difficiles. On longe la vallée, ornée d’une grande palmeraie, qui déverse sa verdure au milieu d’un désert ocre. On traverse des parcelles à la terre noire et grasse, semées d’arbres et de cultures de toutes sortes. Puis on s’immerge à nouveau dans un désert de cailloux sans vie apparente. Au milieu de cette solitude, un cycliste apparaît, venant de face, chargé comme une mule. Je m’arrête pour le regarder passer, en attendant les gars. Il s’arrête également, on se salue, puis on fait connaissance. Ce grand gaillard de deux mètres est néerlandais et s’appelle Aad Ham. Il dit avoir déjà parcouru 135 000 kilomètres en vélo, à travers le monde entier. Il nous montre des coupures de presse à son sujet. Âgé d’une cinquantaine d’année, il semble marqué physiquement et psychologiquement. Il affirme voyager à vélo depuis 25 ans, dont 11 non-stop, après avoir rencontré de graves soucis de santé. On lui dit au revoir en lui souhaitant bon courage, étourdis d’admiration et de respect.
On s’arrête manger à Skoura, une autre palmeraie, sans s’attarder. Une brume d’altitude filtre les rayons du soleil et affecte la visibilité. A notre gauche, deux énormes kasbahs trônent au sommet d’une colline. Nous arrivons à Ouarzazate. On entre dans la ville, à la recherche du camping municipal. On traverse un grand souk, noir de monde, où l’on s’arrête pour acheter un chargeur de portable, le nôtre étant défectueux. On atteint le camping, où nous sommes accueillis par un jeune Marocain à l’allure moderne et un brin frimeur. Au fond du camping, on aperçoit une petite moto rouge, posée contre le mur. David… Selon les occupants baba-cool d’un ancien car aménagé, il serait en ville, en train de faire réparer son carburateur. David arrive, on est content de se revoir. On lui raconte Er-Rachidia, il nous raconte Merzouga et l’inoubliable coucher de soleil sur les dunes. Le soir, on va au cyber, puis on se rend dans le bar d’un complexe hôtelier plutôt chic, situé derrière le camping. Il n’y a que des Marocains dans le bar, visiblement issus d’une catégorie plutôt aisée. Les filles sont dévoilées et tout le monde boit de la bière. Des musiciens jouent sur une petite scène, accompagnés par quatre danseuses dodues au ventre découvert. On rentre se coucher au camping. Demain, au programme : franchir le Haut Atlas, en direction de Marrakech. Rien que ça…
Distance parcourue : 164 km










2 Commentaires to “On longe la vallée du Dadès, direction Ouarzazate”
21 novembre 2007
C’est marrant comme la chaleur de vos récits en descente dans le grand sud a réussi à faire remonter le thermomètre en France ; on est passés de -7 à +12 le matin, en 3 jours !!!
Les cyclos “fous” qui tournent des années autour du monde sont plus nombreux qu’on le croit ! Il y a Hans qui tourne depuis 35 ans… Daisuke depis 10… Vous pouvez les rencontrer et tout savoir sur eux (nous) au Festival du Voyage à Vélo, organisé par CCI : http://www.cci.asso.fr/
21 novembre 2007
De magnifiques paysages et des danseuses du ventre! Vous êtes gâtés les gars! Ca avance ça avance et nous voilà de plus en plus dépaysés! Quel bonheur après une journée sous la pluie et le froid… encore une bonne continuation!