La jante maudite nous bloque à Rachidia


Jour 50, 11/11/07

Je suis réveillé dans la nuits par de violentes douleurs intestinales. On se lève vers 8h30, tous les trois en petite forme. On va chez le réparateur, situé juste en bas de l’hôtel, pour faire fixer la jante définitivement. Le mécanicien, Abdul-Ali, petit bonhomme sympa d’une trentaine d’année, dirige les opérations avec une patience et une détermination qui forcent le respect. Je passe une bonne partie de la journée à écrire, confortablement installé à la terrasse de l’hôtel, qui donne sur la rue. Je fais connaissance avec plusieurs marocains, qui s’intéressent à notre présence. Je leur parle de notre voyage, qui semble toujours susciter curiosité et admiration. Zacharias, plus disponible que jamais, nous suit à la trace pour faciliter nos démarches. Il parle difficilement français, mais comble ses lacunes par une gouaille enthousiaste et des expressions toutes faites qui nous font parfois sourire. « Bien, le motard (la mob), mon ami ? », ou alors « Bien le motard réparé, après partir bien, mes amis, traaanquille… ».

Enfin d’après-midi, c’est au tour de Nono d’être malade. Il part se coucher dans la chambre. Il se soulagera peu après avec un délestage d’estomac mal contrôlé dans le couloir de l’hôtel. Une fois la roue remontée et la mob testée, avec succès, on se rend au cyber le plus proche, en compagnie de Zacharias. Le soir, il nous invite chez lui à manger la harira, la traditionnelle soupe marocaine. On fait la connaissance de ses parents et de son frère Mohamed, 23 ans. On s’installe dans leur chambre pour dîner. Des affiches de femmes europpéennes ornent les murs, un dvd de Bob Marley (leur seul dvd) tourne dans le lecteur. On boit le thé. Les deux frangins roulent joints sur joints. On parle de tout et de rien, du voyage, de la France et du Maroc, avec quelques difficultés pour se comprendre. Je joue quelques morceaux de guitare, qu’ils semblent apprécier. On se dit au revoir, projetant de partir tôt demain matin. Zacharias (on s’y attendait) nous réclame un peu d’argent pour les coups de mains donnés. On lui lâche 100 Dh, ce qui ne semble pas lui suffire. On lui explique qu’on ne peut pas lui donner plus, à cause de notre budget limité. On rentre se coucher, demain on prend la route de Boumalne Dadès. On ne poussera pas jusqu’aux célèbres dunes de Merzouga, faute de temps et d’argent.

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