Jour 50, 09/11/07
On se prépare, puis on fait nos adieux à David. On entre dans Midelt, grosse bourgade au milieu d’un désert de cailloux. Première mission : trouver une jante. Devant la boutique d’un vendeur de pièces détachées, un Marocain d’une trentaine d’année nous aborde, venu chercher une bougie neuve pour sa 103. Il nous demande ce qui ne va pas. Il nous aide à démonter, trouve le problème, puis tente d’y remédier. L’entretoise entre les deux roulements du moyeu est trop courte, ce qui les casse inévitablement. Hamid, c’est son nom, a le ton direct et ne fait pas dans la fioriture. Handicapé de la jambe gauche, qui le fait boiter, il semble faire preuve d’une certaine détermination. Il nous propose de le suivre chez lui, à quelque pas d’ici, où il dispose d’outils pour réparer, le temps de trouver une jante. Il enfourche sa mob, on le suit dans les rues de la ville, recouvertes de poussière et de graviers. On s’installe dans son garage. Hamid se bat comme un beau diable pour faire sauter l’ancien roulement, bloqué dans le moyeu. On sent qu’il sait ce qu’il fait, qu’il maîtrise son sujet. Ancien mécanicien auto, il pense pouvoir faire tenir la jante, au moins provisoirement. Hamid marque une pause pour préparer le thé, puis nous le servir, en guise de bienvenue. Il fait tout pour nous mettre à l’aise, et insiste pour qu’on fasse « comme chez nous ». Dans un éclat victorieux, il parvient à extraire le bout de roulement cassé. Il fixe les deux roulements neufs, en les bloquant avec une entretoise à la bonne longueur. Un ami d’Hamid, Kacem, apparaît dans l’encadrement de la porte. On fait connaissance, tandis qu’Hamid part emmener sa copine à son centre de formation, en mob. Kacem est handicapé lui aussi, entièrement paralysé du bras droit et partiellement du gauche. De nature apparemment calme et réservée, Kacem nous questionne sur le voyage, cherchant longuement ses mots mais s’exprimant dans un très bon français. Hamid revient, puis nous invite à manger quelque chose. Par le garage, on accède à un grand salon, bordé des traditionnelles banquettes. Hamid nous sert une délicieuse purée de pois chiches. Très touchés par son accueil, on commence à lui raconter notre voyage. Il nous parle de sa vie à Midelt. Hamid vit avec son frère, la femme de son frère et sa copine. Il possède une petite exploitation agricole à quelques kilomètres de la ville, où il cultive des pommes, des poires, des pèches et des olives. Il fait également de la peinture et de la gravure sur verre, dont il vend les pièces lorsqu’il en a l’occasion. Il nous propose de venir voir sa ferme, en mob. Il est déjà 16h30 et on aimerait reprendre la route, mais il nous propose de rester dormir chez lui pour ne repartir que le lendemain, de bonne heure. On marque un temps d’hésitation, puis on accepte, enchantés par cette nouvelle rencontre imprévue.
On suit Hamid et Kacem, à deux sur la mob, nous faufilant dans les rues de la ville. On emprunte ensuite une piste de terre battue et de cailloux défoncée, sur plusieurs kilomètres. On arrive à son exploitation, composée d’un petit bâtiment où il stocke ses fruits et de deux vergers. Nous sommes au pied du Haut Atlas, dont les plus hautes cimes sont couvertes de neige. Nous sommes dans un véritable petit paradis de calme et de verdure, au milieu du désert. Un groupe d’enfants, qui nous couraient après à notre arrivée, vient à notre rencontre. Nous sommes l’objet de toute leur curiosité. On admire le coucher de soleil, assis sur le toit d’un autre bâtiment, construit dans le verger. Hamid nous confie que pour lui, la vie n’est pas toujours facile, mais que ses activités diverses lui permettent d’être « libre ». La nuit est tombée, on prend le chemin du retour. Nous voilà lancés sur une autre piste défoncée et semée de pierres, éclairés par la seule lueur de nos phares. On fait du cross pendant au moins deux kilomètres avant de rejoindre la ville. On se faufile dans les rues, au rythme local. Pour le dîner, Hamid nous sert un couscous géant, dont nous nous délectons. Avec un peu d’abus, je dois l’avouer… Après le repas, il nous dévoile sa « pièce secrète », dans laquelle il entrepose des fossiles et des minéraux, ramassés dans la région. Il retravaille ensuite les pierres afin de les vendre sur des marchés. Il nous offre plusieurs pierres et des petits fossiles. Installés dans le salon, on discute longuement, de tout et de rien, en buvant du thé. Kacem roule des joints de hachish avec sa seule main valide, ce qui nous impressionne. Hamid nous expose sa vision de la vie, ses principes et ses croyances. Il ne cache pas ses idées alter-mondialistes et anticapitalistes. On se couche sur les banquettes d’un autre grand salon de la maison, emmerveillés par cette nouvelle journée. Distance parcourue : 33 km










8 Commentaires to “Escale fortuite à Midelt”
20 novembre 2007
bijour a vous trois. Ca parait vraiment grandiose les gars merci de nous faire partager votre quotidien continuez c’est extra!!! Gros zoubi au fréro on pense à toi.
(^_^) et doucement sur les olivettes les gars.
20 novembre 2007
Salut nono,benam et valent !
Youhou ! c’est toujours aussi agréable de vous lire et comme dit jlou de partager un peu de votre bon temps. L’acceuil des gens au Maroc est vraiment grandiose. On est toujours trés impatient de découvrir la suite (je pense que ce sentiment est partagé par pas mal de vos lecteurs) eheh.
Allez bonne route et gardez le cap !
(Tu sais que t’es vraiment trés moche Valent ! du moins sur certaines photos…bise frangin)
20 novembre 2007
c’est pas vrai , jérémie n’est pas gentil… vous êtes très très beaux…bon par contre Valentin tu n’es pas obligé d’imiter les singes.
bizoux affectueux
20 novembre 2007
Quel plaisir de vous lire, l’Orne Hebdo à du bon (quelques fois), c’est là que j’ai eu vent de votre aventure. Continuez de nous faire rêver par procuration, nous sommes prêt à dormir longtemps…
Votre aventure me permet d’esperer qu’il est encore possible pour des jeunes de vivre autrement. C’est un espace de liberté que je souhaite à mes 4 garçons. J’ai eu la chance de vire quelques expériences similaires à la votre il y a une vingtaine d’année notament en Afrique noire, elles marquent à jamais.. Vos souvenirs ne sont pas prêts de débarquer de votre caboche…
Bonne chance à vous trois et bonne route…
20 novembre 2007
Salut les aventuriers!
Eh eh, ils sont beaux tous les 3!Chacun leur style! continuez les mecs, vos récits sont géniaux!
Ps: Nono, j espère que quand il pleut, tu ne souffres pas trop!
Tonton Maurice
20 novembre 2007
Môman, au Sénégal,à propos de singes beaux ou pas beaux, on dit : “golo niaoule baiam le nourole” !
Alors……… tu vois…
20 novembre 2007
salut les monstre !
Vous feriez peut-être mieux d’échanger vos mobs contre des chameuax, ça vous coûterait moins cher en pièces de rechange. Quand ça ne marche plus un chameau on en prneds un autre et on continue son chemin!
A autre chose, c’est mon Greg qui aurait dû prendre la route avec vous avec son shapi !!
grosses bises à vous et bonne continuation
20 novembre 2007
Vu l’état du Chapi, j’émets quelques doutes bienvenus :p