Jour 45, 05/11/07
On se lève, puis on part chez un réparateur Peugeot situé non loin de l’auberge. Nono a toujours besoin d’une jante neuve, la réparation effectuée à Chefchaouen peut céder à tout moment. On en profite pour acheter des pièces de rechange. A défaut de jante, on achète un moyeu, qu’il faudra remonter avec les moyens du bord. On rentre à l’auberge, où je consacre ma journée à écrire, tranquillement installé sur la terrasse. Les gars partent bricoler les mobs au parking de l’hôtel. Le soir, on va dans un cyber pour actualiser le site et consulter nos mails. Demain, on reprend la route, direction Azrou, au sud.
Jour 46, 06/11/07
On quitte l’auberge, on charge les mobs au parking, puis on part. On trouve la sortie de la ville puis la direction d’Azrou sur les indications d’un pompiste. Deux km après Fès, l’accélérateur de Benam ne répond plus. On s’arrête pour démonter. Un pièce est cassée dans le carburateur, les gars parviennent à la réparer, mais il faudra la changer dès que possible. On roule dans des collines, profitant de jolis paysages. On marque une pause déjeuner à Ifrane, station de vacances pour Marocains aisés, située à 1700 mètres d’altitude. On repart. La longue descente qui mène à Azrou nous offre un panorama magnifique sur des vallées, qui s’étendent à perte de vue. On arrive, un panneau indique une auberge de jeunesse, à laquelle on accède par un chemin défoncé, qui monte à flan de colline. Nous sommes accueillis par une Marocaine d’une quarantaine d’année, sympathique et souriante. L’auberge revêt des allures de gîte de montagne, avec ses deux grands dortoirs et sa vue panoramique. Prix de la nuit : 20 Dh chacun ! (1.70 €) On s’installe, nous sommes les seuls occupants des lieux. On met les mobs dans le grand salon marocain qui fait office de hall d’entrée.
On part faire un tour dans le centre-ville, à un kilomètre en contrebas de l’auberge. Azrou est une petite ville tranquille, situé au pied d’une grande forêt de cèdres peuplée de singes magots. Elle se distingue également par sa mosquée et ses maisons aux toits de tuiles vertes. L’ambiance semble agréable et la pression des commerçants quasi inexistante. On boit un thé à la menthe sur une terrasse, puis on part flâner dans la médina. Moins pittoresque qu’à Chaouen ou qu’à Fès, elle nous fait cependant profiter de tous les charmes de la rue marocaine. Un Marocain d’une trentaine d’année vient à notre rencontre. Souriant et avenant, il nous dit faire du commerce équitable de tapis berbères et d’objets issus de l’artisanat touareg. Il nous propose de le suivre dans sa boutique. Craignant d’abord le piège à touristes, on fait mine de ne pas avoir le temps. Puis au fil de la discussion, je commence à flairer un bon sujet pour notre reportage vidéo. Pour ceux qui ne le savent pas encore, nous prévoyons de tourner un documentaire sur les acteurs du commerce équitable. Nous avons déjà un sujet pour chaque pays africain situé sur notre parcours, mais pourquoi ne pas profiter de l’occasion qui se présente ? Aziz nous invite à nous asseoir dans sa boutique, puis nous sert le thé. Les six mètres carrés de la pièce sont remplis des tapis de toutes sortes et de toutes les couleurs, entassés contre les murs. Le vendeur commence à nous parler de sa démarche plus en détail. Beaucoup de femmes berbères, à Azrou et dans les montagnes avoisinantes, occupent leur temps à confectionner des tapis, un fois les tâches ménagères effectuées. Berbère lui-même, Aziz connaît bien ces femmes, qui lui confient leurs tapis afin qu’il les vende. A chaque tapis vendu, il reverse aux femmes une rémunération « juste ». Aziz dit refuser catégoriquement la pression des guides qui lui proposent d’amener les touristes dans sa boutique, dans le but de toucher une commission. « En plus d’être pourri, nous explique-il, ce système fait gonfler les prix et dévalorise le travail des femmes. C’est sûr que la vie est plus dure pour moi que pour d’autres vendeurs à Azrou, mais au moins, la transaction est « équitable ». Aziz continue son exposé, en cassant les méthodes de nombreux guides qui « brodent » des histoires sur les tapis et leurs significations, dans le but de flatter l’achat des clients. Il critique également les prix prohibitifs qui sont pratiqués par les vendeurs traditionnels. Pas dupes, on se doute qu’il tente de nous séduire à sa manière, peut-être plus malin que la moyenne. Ceci étant, il ne nous incite en aucune façon à acheter. Il nous sort ensuite son « trésor », une collection d’objets d’artisanat touareg. On décide de revenir le lendemain avec la caméra pour tourner une interview d’Aziz et de sa femme. Peut-être pourra t-on également aller filmer quelques femmes berbères qui confectionnent les tapis. Au retour, on s’arrête manger un sandwich dans un petit resto. Une coupure de courant plonge le quartier dans l’obscurité, obligeant les serveurs à allumer des bougies. Atmosphère irréelle garantie. On rentre se coucher à l’auberge.
Distance parcourue : 106 km










3 Commentaires to “Rencontre imprévue à Azrou”
13 novembre 2007
C’est vrai que le commerce “équitable” est l’objet de votre voyage. Merci d’aborder ce sujet maintenant. Il y a beaucoup de débats là dessus… Nous prétendons en faire, on nous rétorque un “label”… On attend vos points-de-vue et vos reportages !
13 novembre 2007
Cet article est excellent. Point barre.
14 novembre 2007
Pareil!!!