Jour 43, 04/11/07
On laisse les mobs à l’hôtel, pour aller voir s’il y a des lits à l’auberge de jeunesse, toute proche. Un grand Marocain en djellaba, la quarantaine, nous ouvre la porte. On pénètre dans une petite cour pavée de tomette et de mosaïques, ornée d’un citronnier et de multiples plantes. Un petit couloir débouche sur une terrasse ombragée, qui donne accès aux chambres. On en prend une pour la nuit, c’est moins cher l’hôtel. Le gérant, accueillant et souriant, nous propose de visiter la médina en compagnie d’un guide officiel. Cela nous permettrait d’avoir accès à tous les hauts lieux de la vieille cité. On accepte, le prix étant abordable. Le rendez-vous est fixé à 15h, pour deux à trois heures de visite. En attendant, on décide d’aller se balader dans un marché situé à côté du grand hôtel. On y achète des fruits, du pain, des figues séchées, des amandes et des olives pour le repas de midi. Il n’y a pas de touristes dans le marché, ce qui nous donne une fois de plus l’occasion d’une belle immersion. Les mobs restent au Grand hôtel, on retourne à l’auberge. On mange, puis on rencontre notre guide, Rachid, la cinquantaine, parlant très bien français. On monte dans un petit taxi, qui nous dépose (à nouveau) devant la porte principale de la médina. Rachid commence son exposé, parfaitement maîtrisé, on écoute avec attention. On s’immerge dans le dédalle de ruelles. On s’arrête visiter la medersa Bou Inania, la plus belle de la ville, datant du XIVe siècle. Les medersas étaient des internats religieux abritant des chambres, un oratoire, une salle d’étude et une superbe cour, dont la beauté aidait à élever l’esprit. Une petite fontaine, au centre de la cour, était destinée aux ablutions avant la prière. En admirant la beauté et la finesse des ornements en bois, en céramique et en verre du monument, on prend la mesure de la richesse artisanale et culturelle dont dispose le Maroc. La visite se poursuit. Rachid nous introduit chez le meilleur artisan travaillant le bronze de la ville. La fascination s’empare de nous lorsqu’on entre dans la boutique. Partout, des assiettes en bronze, des plateaux, des théières, des bijoux minutieusement travaillés, brillent de mille feux. Derrière le comptoir, l’artisan en question frappe une assiette dorée avec un marteau et un petit burin, réalisant des ornements d’une grande finesse. Selon Rachid, il a participé à la restauration et à l’élaboration de grands édifices historiques marocains, dont le mausolée Hassan II à Rabat et la grande mosquée de Casablanca.
Rachid nous emmène ensuite vers les fameuses tanneries Chouara, un endroit à ne pas manquer dans la médina. Le fait d’être accompagné d’un guide nous évite d’avoir à faire à l’un des nombreux rabatteurs qui encerclent le site. L’accès se fait par de minuscules tunnels se faufilant dans la médina. Un jeune ado nous tend une poignée de menthe fraîche pour nous aider à supporter l’odeur des tanneries. On pénètre dans une grande et belle boutique remplie d’objets en cuirs. Rachid nous laisse entre les mains d’un membre de la coopérative des tanneurs, qui nous emmène sur une terrasse surplombant le site. Le spectacle est saisissant. Un enchevêtrement de cuves destinées à traiter les peaux se déploie sous nos yeux. Des hommes travaillent sur le site, tannant, égouttant, traitant les cuirs provenant du mouton, de vache et de dromadaire. Plus haut, sur une terrasse, des dizaines de peaux débarrassées de leurs poils sèchent au soleil, avant la teinte. On redescend dans la boutique, où l’on nous incite à acheter, encore. On se dirige ensuite dans une boutique de tapis. Le vendeur, accueillant et charmant, entame un exposé passionnant sur les techniques de fabrication et les origines des tapis berbères présentés. Puis il commence à nous encourager à acheter, habilement. Une fois de plus, nous devons nous lancer dans des justifications sans fin pour faire comprendre que nous n’avons ni place ni argent. Rachid, dans un coin de la pièce, assiste à la scène. Je commence à comprendre qu’il a des arrangements avec les commerçants. Sans aucun doute, il touche une commission à chaque objet vendu au cours de sa visite. On sort de la médina, la tête pleine de nouvelles images. On rentre à l’auberge en petit taxi. Rachid nous demande 150 Dh, 30 de plus que ce que nous avait annoncé le gérant de l’auberge. A coup sûr, ce dernier touche une commission, lui-aussi. On paye, mais on laisse entendre à notre guide que l’on trouve ses méthodes un peu « limites ». Le soir, à l’auberge, on fait la connaissance de Pascal, un Australien de 25 ans qui visite le Maroc. On décide de rester encore demain, afin de rattraper le retard du carnet de voyage.










9 Commentaires to “La medina de Fès, c'est mieux avec un guide…”
12 novembre 2007
Hello,
Je suis votre aventure depuis Alençon et franchement chapeau!!!
Valent’ continu a nous rendre compte de vos multiples étapes et péripécies assez fascinantes je dois avouer!!
Bon courage a vous trois et faites attention sur la routes, la mobylette c’est dangereux lol.
PS: Je pense qu’à votre retour ça vaudrait le coup de transformer ce petit blog en petit bouquin imagé!!!!
++ g hate de connaître la suite de cette aventure ++
A bientôt et bon courage car à mon avis il vous en faut hehe.
Amaury
12 novembre 2007
Bonjour Titouan Lamazou,
Je tiens à porter le 1er coup de gueule de ce carnet de route! (eh oui, ca devait bien arrivé un jour!)
Comment peut on laisser partir 3 jeunes ados prépuberts, avec un moyen de locomotion datant du siecle dernier?!
Volonté de ne pas les revoir? Naieveté? bref, à qui la faute?
Eh bien pour ma part, je crois que chacun a sa part de responsabilité dans cette affaire, en 1er lieu les 3 jeunes loubards, partis parader on ne sait où tel les 2 nazbroks de dumb et dumber; ensuite viennent chacune des personnes cautionnant ce projet, et enfin Thib’ qui ne se rendant pas compte de son geste, offre certes généreusement mais sans se rendre compte de cette dangerous offrande, une bouteille de pinard ( du beaujolpif en plus….connaisseur ce Thibault hein?) à des mecs égrennant les kilomètres (non, centimètres) tel les esay riders sur la route 66!
Enfin ca soulage parce que j en avais gros sur le coeur!
J’espère que chacun saura tirer les enseignements de cet appel du 12 novembre ( à un jour près, on était bon dis dc!)
Amicalement,
Un alenconnais exilé à Sougé le Gannelon
12 novembre 2007
Ca y est le valent, on ne l’arrête plus. Il gratte, il gratte… Il en a tellement plein les yeux et le viseur. Continue tes photos, tes textes, c’est de mieux en mieux. Comme le dit Amaury, ça mériterait bien quelque chose comme un bouquin ou un documentaire sur la 5. Y a plus qu’à !
Mais on n’y est pas encore. La route est encore longue. Au pays des merveilles rien ne peut vous arrêter, vos pneus surchauffés vont survoler le bitume et les chemins de pierres.
Allez ! Foncez vers les tropiques !
12 novembre 2007
Quelqu’un sait quand est le prochain Super Loto ? On invite le 1er à répondre (si on gagne…bien sûr !).
La grosse bisette les loulous, on pense fort à vous.
13 novembre 2007
Bien cher neveu.
Je te l’avais bien dit que la peugeot ça tenait pas la distance, et encore…. j’balance pas, mais si tout le monde savait qui l’a usée… On ne peut pas rouler et avoir roulé.
trève de plaisanterie, ça a l’air de devenir vraiment magnifique car les envolées sont de plus en plus lyriques et l’on retrouve totalement la chaleur et l’ambiance marocaine. On lit les pages du reportage avec le thé à la menthe à portée de main. On a mangé avec les maîtres du Coupier et Moman n’a pas l’air de trop souffrir des viles attaques de certains…… (sauf qu’un jour, je parlerai peut être d’une certaine peugeot!?…).
Bon, surtout prenez le temps d’écrire car tout le monde est suspendu au blog, même ceux qui n’osent pas laisser un mot.
Salut mon n’veu et ses potes.
ton vieux Loncle du hautbois
13 novembre 2007
Bonjour à vous les aventuriers,
Après vous avoir rencontré au détour d’une escale, je souhaitais continuer à suivre votre parcours, et ce blog est le moyen idéal pour s’imaginer sur les routes internationales à vos côtés!
Une vraie bouffée d’air pure que de lire vos péripéties!
Continuez comme ca les jeunes et revenez nous avec plein de récits à raconter!
Au prochain épisode
PS: Valentin, comme prévu j’ai eu mon contact à France 3 Caen qui devrait pouvoir vous décrocher un reportage de quelques minutes ou bien encore mieux, un “carnet de route” tous les samedis après midi sur Télé Pomme (France 3 Normandie). Je croise les doigts mais c’est en bonne voie (si vous pouvez me faire parvenir une vidéo de votre voyage, je la transmet à France 3, histoire qu’ils aient un petit apercu!)
13 novembre 2007
Ohlala c’est de plus en plus magnifique j’ai l’impression…suis vert d’autant qu’ici ça caille sévère et il pleut (enfin la Normandie quoi).
Valent tes textes sont de plus en plus excellents, on arrive vraiment à imaginer les choses (l’odeur du cuir dans la tannerie et le bruit du martèlement du métal notament). C’est mortel vraiment.
Je vous embrasse très fort les loulous.
Take care
13 novembre 2007
Bonjour les affreux jojo!
Juste une question qui m’interroge: Arnaud a l’air de plus en plus roux? Serait ce l’air méditérannéen qui lui amplifie ses couleurs?
J’attend votre réponse!
Bonne route
Jean Guy Mayonnaise
13 novembre 2007
C’est le henné !!!!