Accueil royal à Chefchaouen

Jour 38, 30/10/07

On se réveille vers 8h30, Mounim vient nous annoncer que le petit déjeuner va être servi. Dix minutes plus tard, il entame un va-et-vient entre les deux étages, emplissant la table du salon de beignets, de crêpes, de confitures et de gâteaux maison. Il apporte aussi des olives noires et du « sfouf », une sorte de broyat d’amandes et de blé mélangé à du sucre et de la cannelle. Assmae descend à son tour, puis nous commençons à déguster toutes ces bonnes choses, ébahis par le tant d’attention qui nous est faite. Assmae, douce et souriante, entame volontiers les discussions, malgré son peu de pratique du français. Elle parle cependant mieux que Mounim, qui use et abuse de gestes pour se faire comprendre, en rajoutant souvent pour amuser la galerie. Il exprime sa bonne humeur à chaque coin de phrase, et ne cesse de nous encourager dans notre démarche. Leur accueil est royal, il nous plonge au cœur de la culture marocaine et arabe, avec tous les particularismes que cela comporte. Dans leurs actes, leur langage et leurs expressions, on perçoit déjà une autre vision du monde et des relations humaines, fondée sur l’échange, le partage et la générosité.

Mounim appelle le réparateur local de cyclos et de scooters. On y emmènera la mob à 15h. Mounim part au travail. On décide d’aller faire un premier repérage dans la ville. On descend leur rue, qui mène au centre, à flan de montagne. L’air est frais et pur, le ciel est d’un bleu profond. Des gravats jonchent le bord de la rue, des hommes se baladent avec leur mule ou leur âne et les femmes sont en grande majorité voilées. Le centre est animé. Les voitures klaxonnent pour signaler leur passage et slaloment entre les piétons. Des petits marchands prposent des produits de toutes sortes, qu’ils vendent à même le sol ou sur de petits présentoirs de fortune. Les maisons sont blanches et contrastent avec le bleu du ciel. Une porte voutées annonce l’entrée de la médina. Un dédalle de ruelles, exclusivement piéton, s’offre à nous. Les murs sont blancs et le sol est peint en bleu, jusqu’à un mètre de haut. Le charme des lieux agit instantanément. La tranquillité, la pureté de l’air et la gentillesse des habitants produisent une alchimie irrésistible. Des dizaines de petites échoppes proposent toutes sortes de produits ; épicerie fine, fruits et légumes, viandes, vêtements. Des menuisiers, forgerons, tisserands, couturiers travaillent dans leur atelier, souvent minuscule et ouvert sur la rue. Quelques vendeurs de hachish nous proposent leur marchandise. Les montagnes du Rif sont connues pour être le « grenier à kif » de l’Europe.

On retrouve Mounim chez sa mère, pour un couscous gargantuesque. Elle nous incite toujours autant à en reprendre. On part ensuite emmener ma mob à l’atelier. On explique le problème aux mécaniciens. Ils nous disent qu’ils vont faire ce qu’il faut. Mounim a pris son après-midi pour nous faire visiter la ville. On traverse la médina, par des ruelles qu’on n’avait pas encore empruntées. On en prend à nouveau plein la vue, tant grâce à l’architecture locale qu’aux différentes boutiques et ateliers que nous croisons. On sort de la médina, pour arriver au pied d’une des deux montagnes d’où la ville tire son nom (« Chef » : « regarde », et « Chaouen » : « les deux montagnes »). On atteint la « Tête de l’eau », l’endroit où jaillit la source d’eau minérale qui alimente la ville. On goûte l’eau, fraîche et savoureuse. On flâne à nouveau dans la médina, sans se lasser. Le soir, on mange à nouveau chez la maman, qui nous sert à nouveau de la soupe aux épices, puis de grosses crêpes imbibées de sucre et de beurre, avec de la confiture de figue et de fraise maison. A table, on rit, on échange beaucoup, malgré de petites difficultés pour se comprendre parfois. On rentre, repus et la tête pleine d’images. Demain, objectif récupérer la mob.

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