Jour 25, 17/10/07
On se réveille, dans un véritable décor de cinéma, peinant à imaginer qu’on va devoir le quitter. On profite du soleil levant, qui réchauffe la vallée et sèche la rosée du matin. Au programme de la journée : rejoindre Grenade, située à une trentaine de kilomètres, pour visiter sa célèbre Alhambra. On prend la route, en suivant une quatre voies, n’ayant pas d’autres choix. On profite tout de même de quelques panoramas réjouissants. A l’entrée de Grenade, on évite le périphérique, craignant d’être à nouveau arrêtés par les flics. La mob de Benam montre des signes de faiblesse au niveau de la carburation. On s’arrête dans une station-service pour démonter et déceler une éventuelle anomalie. Nono s’aperçoit que le starter de Benam est simplement bloqué, ce qui noie le moteur. Une fois le problème résolu, on mange, avant d’attaquer le centre ville. On entre dans Grenade, en se faufilant dans la circulation. On parade sur les avenues de la ville, en suivant les panneaux “Alhambra”. Une côte sévère s’amorce, tandis qu’une vue plongeante sur la ville se déploie sous nos yeux. On suit le mouvement des touristes, qui s’engagent sur un parking. Je m’adresse à un agent de sécurité, à qui je demande comment rejoindre le site. Sur un ton fort désagréable, il m’annonce qu’on ne peut y accéder qu’à pied, et qu’on n’a rien à faire ici. On se dirige vers la sortie du parking, fermé par des barrières de sécurité. Pour sortir, il faut un ticket, que nous n’avons pas. Benam profite de l’ouverture de la barrière permettant à une voiture de sortir pour passer. La barrière se referme, devant la voiture, dont les passagers montrent des signes explicites d’agacement. Benam, visiblement en état de stress, pose sa mob, et essaye de leur faire comprendre qu’il va payer pour remédier au problème. La queue commence à s’allonger derrière l’auto. Le gardien du parking déboule, furax, en déblatérant sur le mode de l’agressivité. Benam s’énerve, ne parvenant à faire entendre sa bonne volonté. Je pose ma mob, puis j’essaye de faire comprendre au gardien qu’on ne savait pas que le parking était réservé aux voitures. J’en profite pour ajouter qu’il n’a pas besoin d’employer un ton aussi agressif. La discussion étant impossible et le gardien en plein délire, nous poussons nos mobs jusqu’à la sortie, en l’ignorant. Quelque peu irrités par cet épisode, on prend le temps de se poser, puis on part chercher un autre accès au site.
Les endroits pour poser les mobs en “sécurité” sont réduits, mais Benam et moi sommes prêts à courrir le risque de les laisser, le temps de la visite. Nono, marqué par l’épisode de Barcelone, n’est pas chaud. On le comprend, mais on ne cache pas notre déception. Une triste prise de conscience s’effectue alors. Notre moyen de locomotion montre ses limites, celles de ne jamais pouvoir être en sécurité ailleurs que dans un hôtel ou un garage fermé. Le moral dans les chaussettes, on entreprend une descente vers le centre, avec la ferme intention de faire une pause pour boire un verre. On traverse des petites ruelles pavées, dévoilant des vues impresionantes sur la ville. On boit une bière en terrasse. Nono part à la recherche d’un appareil photo. On décide de repartir, Nono sans appareil, Benam et moi sans souvenir de l’Alhambra. On se perd dans une banlieue résidentielle de Grenada. On galère sérieusement pour sortir de la ville en direction d’Armilla. Je demande au gérant d’un bureau de tabac, qui me donne un florilège d’indications difíciles à retenir. On tâtonne un bon moment dans les rues du centre, puis on finit par trouver le fameux panneau “Armilla”. Regénérés par cette petite victoire, on s’arrête faire des courses. On passe Armilla, avant de se mettre en quête d’un lieu où poser la tente, le jour déclinant à vitesse grand V. Après cinq kilomètres, on tombe sur un berger, qui fait paître ses brebis dans un champ desséché. Je lui demande conseil pour planter la tente dans le coin. Il me dit qu’il n’y a pas de problème, mais qu’on risque d’être dérangés par les camions qui viennent alimenter la décharge située cinq cents mètres plus loin. Tant pis pour les camions, tant pis pour la décharge, on pousse les brèles dans une étendue sablonneuse pour aller se cacher derrière des oliviers, à l’abri de la route. Miné de terriers de renards et de crottes de lapins, l’endroit n’est guère séduisant, mais le sol est plat et semble confortable. Ce soir, c’est poireaux fondus au beurre avec des dés de jambon, de la crème fraîche et des haricots verts. Un régal. Une fois de plus, on arrose le tout de vin rouge, mais le choix de la bouteille s’avère moins réussi que les jours précédents. Demain, objectif atteindre la côte, puis Malagá. On se donne encore trois jours pour rejoindre La Linéa, où nous serons accueillis, avant de franchir enfin le détroit de Gibraltar…
Distance parcourue : 93 km










3 Commentaires to “Passage éclair à Grenade”
24 octobre 2007
Félicitation les gars. Je viens de regarder le diaporama et les photos sont très bonnes et les paysages impressionnant !!
Je ne connais pas la personne qui écrit les post mais c’est très bon aussi !!!
Le vieux Benam qui s’énerve m’a fait marrer
Bon courage, et si vous passez par le Maroc vous allez voir c’est joli aussi. Tanger est magnifique !! Si je me souviens bien il y a une grotte la bas avec un trou qui a la forme de l’Afrique. La légende veut que se soit un géant (le premier africain) ait fait ce trou en donnant un coup de pied.
Bouly, en direct de la Californie qui brule !!
24 octobre 2007
YO, je vous ferais visionner mes photos de l’Alhambra (enfin les jardins uniquement… mais c’est déjà ça) !
See ya later
25 octobre 2007
Sinon il y en a de disponibles sur Flickr, des photos