Dur, dur d’atteindre le sud…


Désolé pour l’attente, on a fait aussi vite qu’on a pu pour trouver une connexion. On tient à remercier tous ceux qui nous suivent sur le site, particulièrement ceux qui laissent des commentaires. Même si on n’a pas le temps de vous répondre, on les lit avec beaucoup d’attention et de plaisir !

Nous vous avions abandonnés à Cordes-sur-ciel, jour 7, après la pause internet à la médiathèque.
On fonce ensuite savourer un pti déj de rois (encore !!), sur la terrasse d’un salon de thé, au soleil. On prend la route, il faut avancer. On traverse Albi, après une longue descente, on fait le plein. Direction Castres, la route est large et assez monotone. On entre dans Castres. Soudain, l’évidence s’impose à nouveau. Les zigzags qu’effectuent ma monture sont sans équivoque : j’ai encore crevé. On s’arrête sur une place, dans un quartier craignos. Au moins, on sait pourquoi je crève sans arrêt. Ma jante, qui est en train de rendre l’âme, a cinq rayons en moins et la rouille attaque la chambre à air.
Je pars avec la mob de Nono chercher le Peugeot Cycles local pour acheter une nouvelle jante. Le délai d’obtention est de plusieurs jours, mais le vendeur est sympa, il me file un “tuyau” : une vieille chambre à air, qu’il faut coller dans la jante pour protéger la bonne. On répare, on regonfle, on remonte la roue. Ca a l’air de tenir. On prend le temps d’acheter du pain. On revient : la roue est à nouveau à plat. Là, le moral en prend un coup. Les visages se crispent, les humeurs se tendent. Un mec d’une trentaine d’année, complétement allumé, mini-short moulant et débardeur, radio portable à la main nous accoste. Il dit être ancien légionnaire, crache sur Sarkozy et l’Etat français. Des gamins lui jettent des pétards. On ne sait plus s’il faut rire ou pleurer. On change la chambre à air. Ca tient, mais je sens que ma roue est voilée. Avec cinq rayons en moins, la jante n’en a plus pour très longtemps. On s’arrête faire des courses.
J’appelle Peugeot à Perpignan, à Narbonne, à Béziers, pour savoir s’il ont une jante en stock. Ils en ont une à Béziers, on change de cap, mais à contre-coeur, l’addition sera salée : 142€ la bête. On s’arrête 20 km après Castres, à Saint-Amand-Sous, sur la route de Béziers. Un paysan en train de labourer nous prête un bout de terrain. La nuit sera bonne, malgré les hululements d’une chouette juste au-dessus de nos têtes.

Jour 8, 30/09/07

Réveil à 9h. Il fait un temps pourri, le ciel est bas et chargé d’une bruine poisseuse. Il y a du vent, j’appréhende la route avec ma roue voilée. La journée s’annonce rude. Avant de partir, on coupe les cheveux de Benam, qui ne supporte plus la masse noire qui lui pousse sur la tête. On reprend la route, mais je ne suis pas tranquille. A faible vitesse, ma brèle zigzague. Il faut pourtant qu’elle tienne jusqu’à Béziers.
Une côte interminable s’amorce. C’est le massif de la Montagne Noire, que nous devons franchir pour rejoindre Béziers. La côte est surmontable, mais la montagne porte bien son nom. On est dans un gros nuage bien noir, il y a du zef et je prend l’eau avec mon coupe-vent qui ne fait pas coupe-vent mais éponge.
Ma roue poursuit sa danse. Je stresse, dans l’attente de son dernier souffle. On passe le col. Une longue descente commence. Les gars s’amusent dans les virages, ma mob tient le coup. Il pleuviote. Ce ce côté du massif, les paysages changent, deviennent plus secs, plus rocailleux. Des vignes ornent les champs. Une averse finit de nous tremper, tandis qu’on entre dans un village appelé Saint Chinian. Je suis mouillé jusqu’au T-shirt et mes pieds prennent un bain d’eau de pluie. On s’arrête prendre un café. Il fait bon dans le bar, l’ambiance est sympa et les gens semblent s’intérésser à nous. Un type assis au comptoir nous recommande un hôtel pas cher à 10 km de là, à Capestang.
On repart, ma roue est carrément désaxée. Elle tape sur la béquille, qui tape sur l’asphalte. Ca fait du bruit et des étincelles. C’est la classe, mais c’est un peu flippant. On arrive à l’hôtel, une bonne adresse pour les voyageurs au budget serré que nous sommes. On se sèche, on boit un café, puis on part assister à la deuxième mi-temps du match France-Géorgie, dans un bar du patelin. Nous sommes en plein coeur d’une région phare du rugby. L’ambiance est au rendez-vous. Les locaux et des anglais jouent à ceux qui gueuleront le plus fort. Le soir, on revient manger dans le bar, en regardant le match Afrique du sud-USA. Belle démonstration de virilité. Capestang est un joli bourg. Il ya une abbaye très vieille et un trompe l’oeil très bien fait dans le centre. On a encore dix bornes à faire demain pour rejoindre Béziers. J’espère que ma jante va tenir jusque là et qu’une fois changée, on pourra rallier Perpignan dans la journée.

Distance parcourue : 55 km

3 Commentaires to “Dur, dur d'atteindre le sud…”

  1. Sophie a dit...
    2 octobre 2007

    Salut cousin !
    Moi aussi je suis une accro de votre blog, me connectant plusieurs fois par jour pour guetter les news et lire avec plaisir tous les commentaires des autres “accros”.
    Dur dur la jante de la vogue qui te lâche, mais après tu seras tranquille côté roue !
    Saches que nous pensons fort à toi (et les gars aussi). Profitez un max !
    Bisous
    Sophie

  2. Piko a dit...
    2 octobre 2007

    Bon courage les gars.

  3. Christine a dit...
    2 octobre 2007

    Bravo !
    Je suis une amie d’Edith, elle m’a communiqué le lien et je suis avec attention votre périple.
    Bon courage.
    Christine

*

*